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Songhaï

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Songhaï

Histoire

L'empire songhaï est une civilisation qui fleurit en Afrique occidentale au cours des XVe et XVIe siècles. Les Songhaïs apparurent pour la première fois près de la ville de Gao, cité vassale de l'empire du Mali. Au début du XIVe siècle, le Songhaï obtint son indépendance, et durant les deux siècles qui suivirent, il agrandit ses frontières pour finalement devenir l'un des empires les plus étendus de l'histoire africaine.

Terrain et climat

Le terrain d'Afrique occidentale qu'occupait le Songhaï était majoritairement plat et aride, dominé par deux systèmes fluviaux importants, celui du Niger et celui du Sénégal. Ces deux fleuves fournissaient au pays un moyen de transport rapide et bon marché d'est en ouest, ainsi que des terres arables fertiles le long de leurs rives. Le climat, chaud et tropical, ne comptait que deux saisons : une saison sèche et une saison des pluies. De mars à juin, un vent chaud et sec souffle du Sahara, et les températures dépassent souvent les 38° Celsius.

Avant le Songhaï : le Mali

Avant l'avènement du Songhaï, la majeure partie du centre de l'Afrique occidentale était aux mains de l'empire du Mali, un empire datant d'avant l'an 1000. Le Mali était une puissance essentiellement commerciale, et le carrefour de l'Afrique. En effet, il contrôlait alors les routes commerciales qui traversaient le Sahara du nord au sud, et les routes fluviales est-ouest. Sous le règne de l'illustre dirigeant Kanga Moussa (1312-1332), l'empire du Mali conquit les cités prospères de Tombouctou et Gao, et prit le contrôle des précieux gisements de sel situés au nord.

Le Mali était un empire musulman et, sous Moussa, la ville de Tombouctou devint un haut lieu d'enseignement musulman dans le monde. Cependant, à l'orée du XIVe siècle, l'empire était devenu trop important pour pouvoir être administré de manière centralisée, si bien que de nombreux territoires revendiquèrent leur indépendance et firent sécession. Parmi ceux-ci, Gao, foyer des Songhaïs.

L'avènement du Songhaï

Les historiens pensent que les Songhaïs sont apparus pour la première fois à Gao en 800 apr. J.-C. Si les premiers siècles de leur histoire demeurent en grande partie mystérieux, on sait qu'au XIe siècle, le roi Kossoi se convertit à l'Islam, et fit de Gao la capitale de l'empire grandissant des Songhaïs. Durant la domination des Songhaïs, Gao devint une cité riche et prospère. Au début du XIVe siècle, le Mali conquit le Songhaï et en fit un État vassal. Le Songhaï demeura sous le contrôle du Mali pendant peut-être cent cinquante ans, avant de regagner son indépendance sous le règne du roi Sonni Ali Ber.

Le Songhaï parvint à maintenir une indépendance précaire pendant un siècle, avant qu'un illustre dirigeant, Sonni Ali Ber, en fasse un empire glorieux.

Sonni Ali Ber

Le règne de Sunni Ali Ber sur le Songhaï dura trente ans (1464-1492). Il fut un brillant général et stratège. Tirant parti de la faiblesse croissante du Mali, il envoya les troupes du Songhaï prendre la riche ville de Tombouctou, délogeant alors les Touaregs qui avaient pris la ville (ayant eux aussi profité du déclin malien). Il étendit son empire à l'ouest, annexant tous les territoires maliens de Djenné. Sa conquête, cependant, ne se fit pas sans opposition. Durant son règne, il dut repousser les assauts des Mossis, des Dogons et des Peuls.

En 1470, Ali Ber se lança à l'assaut du plus glorieux des trésors, la riche cité commerciale de Djenné. Djenné faisait alors encore partie de l'empire du Mali, et son peuple opposa au Songhaï une solide résistance. N'ayant pu prendre la ville d'assaut, Ali Ber décida de l'assiéger. La ville tint sept ans avant de capituler.

Les annales d'alors dépeignent Ali Ber comme un tyran instable, qui pouvait se montrer aussi bienveillant que brutal, dirigeait d'une main de fer, et massacrait ou oppressait ceux qu'il capturait. Cette description est probablement exagérée, puisque les intellectuels musulmans qui retranscrivirent son histoire lui reprochaient l'hétérodoxie de l'Islam qu'il pratiquait (une fusion entre l'Islam et certaines observances religieuses traditionnelles du Songhaï).

Askia Mohammed Ier

Askia Mohammed Ier régna sur le Songhaï de 1493 à 1528. Le mot "Askia", qui signifie "usurpateur", révèle la manière dont il a pris le pouvoir, après avoir détrôné le fils et les autres héritiers d'Ali Ber moins d'un an après la mort de ce dernier. Qu'il choisisse ce terme comme titre et comme nom dynastique suggère que cet homme extraordinaire était pourvu d'un sens de l'humour qui ne l'était pas moins.

Bien qu'il prît la couronne de Songhaï par la force, Askia était bien plus qu'un simple chef de guerre. Durant son règne, il participa à de nombreuses batailles, sans pour autant en sortir systématiquement vainqueur. À dire vrai, il est avant tout réputé pour avoir été un grand réformateur, un organisateur talentueux, et un homme de foi. Il mit en place tout un système bureaucratique destiné à faciliter la gestion de l'Empire, en établissant une véritable cohérence entre les politiques agricoles, militaires et fiscales. Il ouvrit de nombreuses écoles religieuses dans tout le Songhaï et, en 1497, accomplit un célèbre pèlerinage à la Mecque.

Askia régna jusqu'en 1528, date à laquelle il fut destitué par son fils. Pour plus d'informations sur ce fascinant dirigeant, veuillez consulter l'article de la Civilopédia qui lui est consacré.

Déclin et chute du Songhaï

Au cours des années qui suivirent la destitution d'Askia, aucun dirigeant ne parvint à conserver le pouvoir bien longtemps. Le fils d'Askia, Moussa, ne régna que trois ans. Il fut suivi par Mohammed II qui dirigea l'Empire pendant six ans. Les deux dirigeants suivants régnèrent respectivement deux et dix ans. En 1549, Askia Daoud arriva au pouvoir. Il demeura à la tête du Songhaï pendant trente-trois ans, jusqu'en 1582. Cette relative stabilité fut brisée lorsque le sultan du Maroc prit d'assaut les précieux gisements de sel de Taghaza appartenant au Songhaï.

La fin de l'Empire survint en 1591. Constatant que le Songhaï était faible et divisé et surtout, qu'il disposait d'un armement primitif, une armée marocaine équipée de mousquets lança une attaque massive sur l'Empire. Les combattants songhaïs furent sévèrement mis en déroute, les dirigeants durent se réfugier dans les collines, et les Marocains s'emparèrent des villes majeures de Tombouctou et Gao. En une seule campagne éclair, un Empire entier fut rayé de la carte.

Les leçons tirées

La chute de l'Empire songhaï fut rapide et brutale. Sous bien des aspects, elle rappelle celle de l'Empire aztèque, soixante-dix ans auparavant, en 1521. Chacun des deux empires était puissant, riche, influent et s'estimait invulnérable. Tous deux furent vaincus par une armée inférieure en nombre équipée d'une technologie nettement supérieure. Les histoires de ces deux empires nous renvoient au fameux aphorisme : "Ne vous équipez pas d'un canif, lors d'une fusillade. Équipez-vous d'un fusil. Voire de deux... ou plus, si possible".

Songhaï - Le saviez-vous ?

Selon la légende, le peuple de Songhaï vénérait un poisson monstrueux et obéissait strictement à ses lois, jusqu'à ce qu'un étranger venu du Yémen ne le tue. Ce dernier devint roi de Songhaï, et fut le patriarche de la première de ses dynasties, celle des Dia.

Pour parer à la menace constante d'invasion des terres par le désert, Tombouctou fut inscrite au patrimoine mondial de l'humanité en 1988, et l'UNESCO établit un programme de conservation pour sauvegarder la ville.

Les Songhaïs sont réputés pour leurs couvertures et leurs tapis tissés. Les couvertures de coton (terabeba) très élaborées, tissées par les hommes de la ville de Téra, sont extrêmement prisées.

Le plus grand tabou du peuple songhaï est le mensonge. Seules les crapules de la pire espèce se rabaisseraient à mentir.